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 par Zohra Boutbiba, Fédération des AEFTI

Smail Lamara est Secrétaire National du secteur Formation du SNPEFP CGT (Syndicat National des Personnels de l’Enseignement et de la Formation Privés)

 

Pouvez-vous nous présenter votre syndicat ?

Nous sommes une organisation syndicale qui regroupe trois secteurs, le secteur de la formation privée -que je représente en tant que secrétaire national-, l’enseignement initial et supérieur, les CFA pour la partie apprentissage et les Chambres de Métiers. Notre syndicat est assez jeune, il n’a que 20 ans d’existence. Les adhérents du secteur formation travaillent tous dans des organismes de formations régis par la convention 3249, qu’ils soient associatifs ou privés.

Le secteur que je représente a longtemps été porté par les organismes de formations dits ‘d’éducation populaire’ dans lesquels on retrouve encore aujourd’hui un bon nombre d’organismes qui œuvrent directement en direction du migrant.

Aujourd’hui, le code des marchés publics a contraint ces organismes de formation à chercher d’autres sources de financements tout en gardant le fil conducteur de la formation des publics défavorisés; ils tendent de plus en plus à diversifier leurs prestations pour survivre. Le SNPEFP a été le 1er a réagir, en 2005, contre la directive européenne qui a instaurée le code des marchés publics, qui conduit par son  système d’appel d’offre à une mise en concurrence entre les organismes de formation. Par le Biais du collectif SSIG, notre syndicat se bat pour faire sortir les actions d’insertions du marché concurrentiel.

Même si notre combat est centré prioritairement sur le respect et la défense des intérêts des salariés dans l’entreprise, nous ne manquons pas d’intervenir pour infléchir les politiques publics en direction de la formation professionnelle. En particulier nous revendiquons que le niveau financier des achats de prestations  contribue  au respect de la convention collective et participe à l évolution de la qualité de la formation. Nous voulons faire prendre conscience que  derrière chaque action de formation achetée, il y a des salariés, or ces salariés travaillent dans un secteur où la majorité des organismes n’ont pas d’Instance Représentative du Personnel et nous constatons chaque jour des manquements graves, comme par exemple le non respect de la ,grille des salaires voir même parfois du SMIC. Pour pallier à ces manquements nous demandons que dans le cadre de la certification, qu’un volet concernant le respect du droit du travail.

Tout au long de l’histoire du SNPEFP-secteur Formation, les militants syndicaux issus de l’immigration ont toujours eu un espace d’expression prépondérant.

 D’ailleurs, nous avons 4 syndiqués de l’AEFTI dans notre Commission Exécutive Nationale, organe dirigeant de notre syndicat. Dans les autres AEFTI, nous avons des sections syndicales.

Notre objectif est de construire un socle social commun dans toutes les AEFTI. C’est dans cette perspective que nous avons sollicité la Fédération AEFTI, qui représente la structure de coordination, pour un rapprochement entre nos deux structures. Nous poursuivons le même but en terme de qualité de formation ; par conséquent, plus nous rassemblerons nos forces, plus nous donnerons une cohérence à l’aspect social dans les AEFTI. Nous avons des AEFTI totalement différentes les unes des autres avec des politiques totalement différentes… A mon sens, le rôle de la Fédération est d’avoir une écoute particulière en son sein vis-à-vis de la représentation salariale et une ouverture vers les centrales syndicales. L’aspect ‘gestion’ ne doit pas, ne peut pas être séparé de l’aspect salaire ni de la dimension humaine.

Il est nécessaire d’harmoniser les conditions de travail, les processus, les fonctionnements dans les AEFTI. C’est important que les représentants syndicaux à travers le SNPEFP puissent eux aussi aider la Fédération pour impulser le volontarisme de leurs directions respectives…

 

La crise est-elle le nouveau ferment de la xénophobie ?

Tout dépendra de la réponse que l’on pourra apporter au niveau syndical. On nous assigne à un rôle de régulateur des tension sociales mais nous voulons avant tout porter la parole des salariés pour changer les politiques…

Ce que nous vivons aujourd’hui, est une crise du capitalisme… Les syndicats se doivent d’être pédagogues pour ne pas renouveler les erreurs des crises antérieures, qui ont vu l’avènement de partis politiques xénophobes. Il est certain qu’en période de crise, ce sont toujours les faibles qui subissent les conséquences, dans le sens du rejet et des mauvaises représentations. Cela dit, nous ne sommes en France, il ne faut pas non plus exagérer la situation… cependant, il vaut mieux prévenir que guérir…

 

Les cas de l'Irlande et de l'Angleterre, où des manifestants ont exigé du travail pour les autochtones, sont-il des phénomènes isolés ou peuvent-ils faire tâche d'huile dans le reste de l'Europe ?

Le risque peut toujours exister, je pense qu’il nous faut être très vigilants pour prévenir toutes discriminations ou discours xénophobes qui peuvent apparaître sous le prétexte de la crise.

 

Y- a-t-il eu en France des précédents similaires ? 

Lors de la crise la plus récente celle du pétrole, dans les années 1970, nous avons assisté à une montée de la xénophobie, des assassinats ont été commis. A la suite de cette crise le Mouvement des Travailleurs Arabes (MTA) est né, cela a engendré la marche des ‘Beurs’  et le droit associatif par la même occasion. Aujourd’hui, avec la mondialisation,  et la transformation du visage de l’immigration font qu’il est pratiquement improbable de voir tout ceci se reproduire…

 

Comment se construit mentalement le rejet de l'autre ?

Le rejet vient de la représentation négative que l’on se fait de l’autre, il faut comprendre que l’être humain ne va pas naturellement vers l’autre…

Le débat actuel sur les discriminations positives dû à l’évolution de mentalités  a conduit le gouvernement actuel à ouvrir ses portes à des ministres issus de la diversité.

C’est cela qui aurait dû se faire depuis longtemps… Un tabou est cassé, mais ce n’est pour cela qu’il faut baisser les bras. Le respect de la diversité est a conquérir y compris dans les syndicats.

 

Etes-vous pour ou contre les statistiques ethniques ?

Je suis pour les statistiques si elles permettent de décliner les pourcentages de discriminés dans les différents domaines d’activités. C’est important de savoir que dans les grandes entreprises françaises, si la dimension de la diversité est bien prise en compte dans sa globalité. Pourquoi pas des quotas dans un premier temps, pour changer ou habituer les regards ?…

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