Ce blog est un espace d’expression du Syndicat National des Personnels de la Formation Privée .
PRÉSIDENCE DE M. JEAN-PATRICK COURTOIS,
M. Jean-Claude Carle. – Le statut des formateurs
occasionnels, experts indispensables à la qualité des
formations, doit être strictement respecté. Tel n’est pas
le cas aujourd’hui. Malgré l’arrêté de 1987, et alors
que ces experts, qui transmettent une expérience de
terrain indispensable, n’ont aucun lien de
subordination avec l’organisme formateur, les Urssaf
ont multiplié depuis 2010 les redressements,
réclamant le paiement des cotisations d’assurance
chômage. C’est remettre en cause le modèle social
- les formateurs, contraints de cotiser au chômage,
n’obtiennent pas de droit en retour -, mais aussi
économique et pédagogique. Comment le
Gouvernement entend-il remédier à cette situation,
exemplaire d’une interprétation abusive des textes ?
N’allons pas détruire un système qui marche !
M. Thierry Repentin, ministre délégué auprès du
ministre du travail, de l'emploi, de la formation
professionnelle et du dialogue social, chargé de la
formation professionnelle et de l'apprentissage. – Je
me suis saisi de cette question et de celle des
organismes de formation dès mon entrée en fonction :
je veux apporter une offre de formation de qualité à
nos concitoyens.
Ce sujet fait débat depuis des années. Le formateur
occasionnel doit-il être considéré comme en situation
de subordination de l’organisme qui le sollicite, auquel
cas sa rémunération est soumise à charges sociales ?
Ou s’agit-il d’un collaborateur externe, travailleur
indépendant qui paye ses propres cotisations ou
salarié d’une autre structure ?
L’arrêté de 1987 avait fixé les règles, mais ne vise
que les cotisations de sécurité sociale. L’Unedic a une
autre interprétation. La situation est complexe et ne
dépend pas seulement de l’État ; les partenaires
sociaux ont aussi leur mot à dire pour l’assurance
chômage.
La vérité est qu’il existe des dérives. Des
organismes de formation contraignent des formateurs
qu’ils emploient pourtant à temps plein à prendre le
statut d’autoentrepreneur, de salarié indépendant ou
de formateur occasionnel.
Il faut continuer à rendre possible les interventions
des formateurs occasionnels. Je ne peux vous
apporter en cet instant de solution clé en main, mais
nous avons engagé cet été avec tous les acteurs
concernés un travail pour à la fois garantir la qualité de
l‘offre de formation et sécuriser les formateurs.
J’espère que cette concertation aboutira. Je vous
informerai de la solution retenue, qui sera sans doute
complexe…
M. Jean-Claude Carle. – Merci pour ces
précisions. Je salue votre volonté de trouver une
solution souple et partenariale. Faut-il parler
d’intervenants occasionnels, plutôt que de
formateurs ? Je comprends le souci des Urssaf, mais
le gain escompté est inférieur à 2 millions. Cela vaut-il
la peine de déstabiliser un système qui marche ?
Je vous ai déjà fait une proposition : que l’Unedic
demande à la Suisse le remboursement des
120 millions d’indemnisation chômage dont ce pays
fait l’économie pour les travailleurs transfrontaliers : là
n’est-elle pas la solution qui résoudrait tous les
problèmes de financement ?