Ce blog est un espace d’expression du Syndicat National des Personnels de la Formation Privée .
En tant que formatrice salariée à plein temps depuis septembre 2007 (39 heures hebdomadaires reconnues depuis janvier 2010 - mieux vaut tard que jamais et je ne cesse pas de me remercier personnellement pour l'excellent travail exécuté de ma part pour l'ensemble du personnel de l'entreprise - même pas rémunérée pour cela) je me retrouve licenciée pour faute réelle et sérieuse depuis le 18 février 2010. Une vraie bonne blague! Ça mérite une ovation.
J'ai eu le courage et l'implication personnelle pour que la Convention Collective qui est le fondement de notre métier soit prise en compte et appliquée. J'ai réussi a obtenir la déclaration et comptabilisation officielle des 39 heures hebdomadaires pour les formateurs à plein temps, mais j'ai creusé ma tombe.
D'ailleurs, je n'avais pas le choix, car on avait commencé à me la creuser avant que je puisse m'en rendre compte. On a essayé par tous les moyens de m'exploiter à 200%. J'ai toujours riposté en étant d'accord de faire des efforts pour que l'entreprise "en difficulté" puisse compter sur moi, mais en contrepartie, j'ai demandé mes droits. On n'a rien pour rien. On ne peut pas demander à ses employés de respecter les règles si l'entreprise en abuse en première. C'est une honte!
Lorsqu'une entreprise se retrouve le nez dans le c... , il ne lui reste qu'à se débarrasser de l'employé "pas commode" le plus rapidement possible. De plus, elle a de la chance, car cet employée possède oui, une grande gueule, mais non, elle n'est par protégée. Chouette! On va en profiter. Alors, l’entreprise se replie sur les mises à pied, les nombreux avertissements qui tombent, -comme par hasard-, les uns après les autres tels une avalanche. A se demander comment, pendant toutes ces années précédentes, on n'a pas pu commettre une seule erreur en tant que salariée. On nous a fait même des compliments en nous appelant "l'employé modèle". A tel point que les stagiaires - élèves aussi en sont ravis. Comme par miracle, les erreurs arrivent toujours quand on ouvre sa boite de camembert pour mettre le doigt de l'employeur dans la plaie, là où sa fait très, très mal.
A cet instant même, le jeu devient très intense. Tous les coups sont permis. On peut jouer sur et sous la table. De plus, quand l'employé n'est pas membre élu du Comité d'Entreprise, c'est purement un jeu d'enfant. On lui colle, en toute élégance, des fautes vraiment "réelles et sérieuses" et on le liquide.
Que faire? Pas grand chose.
Il ne nous reste que pleurer. Pleurer sur le sort de cette misérable entreprise. Pleurer sur son incompétence, sur son manque de sérieux, sur la stupidité et la vision à court terme de son management.
On a sauvé les meubles, mais jusqu'à quand? Bientôt, il n'y aura plus grand chose à sauver et à vrai dire, il vaut mieux être à l'extérieur, avec sa liberté, qu'à l'intérieur de cet asile pour fous qu'est cette entreprise.
Un formateur ne peut pas être remplacé par un programme informatique. Un programme informatique est simplement plus facile à vendre.
Quand on est mauvais manager, on peut mieux s'en sortir en vendant des programmes informatique qu'en vendant des ressources humaines.
Il faut tous s'associer, ceux qui aiment, respectent et croient en ce métier.
Il faut lutter contre l'incompétence du management.
Il faut arrêter d'accepter ces conditions de travail.
Il faut demander le respect du Code du Travail.
Il faut être payé à son juste prix.
M.B. Corporate/language trainer