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Ce blog est un espace d’expression du Syndicat National des Personnels de la Formation Privée .

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BLOG La France de 2030 : Droit du travail et Prospective

Comment travaillerons-nous demain?

Relations au travail, formes d'emploi, gouvernance, responsabilité sociale de l'entreprise... Le CAS (Centre d'analyse stratégique) dresse le portrait de la France au travail en 2030. Une évolution plus qu'une révolution.

D’après Anne Bariet (LEntreprise.com, 06/07/2011)

La France sera plus peuplée, plus âgée. Sa population active sera plus nombreuse. Le chômage structurel sera inférieur à celui d'aujourd'hui.
Le salariat restera dominant. D'autres formes de travail (multi-activité, portage salarial, franchise...) continueront à se développer. Le temps de travail restera à son niveau actuel. Les horaires atypiques de travail éclateront.
Le Centre d'analyse stratégique (CAS) a publié ce rapport " le travail et l'emploi dans 20 ans " le 6 juillet 2011. Il trace une perspective des mutations. Certaines sont déjà à l'oeuvre :

  • extension de la sous-traitance et de l'externalisation
  • aspiration à plus d'autonomie
  • croissance des mobilités professionnelles.

D'autres marquent des renversements de tendances, en matière de régulation financière et de normes sociales notamment.

2 scénarios : plus d'autonomie ou plus de protection ?

Le 1er scénario
Il dessine les contours d'une société marquée par l'essor des nouvelles technologies. Les entreprises s'organisent en réseaux, le travail devient nomade. Le e-learning perce. Les salariés revendiquent plus d'autonomie et une forme de "salariat moins subordonné". La segmentation du marché du travail se renforce : les profils d'experts (ingénieurs, cadres) dotés de compétences techniques sont courtisés, les exclus du monde numérique peinent à trouver leur place. Toutefois, cette "fragmentation accrue ne se traduit pas nécessairement par une dégradation de la situation". Le travail peu qualifié " ne disparaîtra pas complètement ".

Le 2nd scénario
Il repose sur une protection plus soutenue des travailleurs. Les organisations internationales ont tiré ici les leçons de la crise économique de 2008 -2009 et ont imposé des normes sociales minimales. Les pays émergents ont augmenté leurs coûts de production. Les écarts de compétitivité se réduisent. Les organisations syndicales tissent leur toile trans-frontières. L'ensemble des acteurs (partenaires sociaux, Etat, société civile) retrouvent des marges de manoeuvre pour agir. On note un investissement dans la formation et la sécurisation des parcours professionnels. On ne parvient pas, toutefois, à assurer la " dynamique vertueuse d'amélioration des conditions d'emploi et de travail ".

2 défis, 4 propositions
Le groupe de travail, présidé par Odile Quintin, formule 4 propositions :

La création d'un compte individuel social de droits portables
Il s'appuie sur le Compte-épargne-temps (CET) et le droit individuel à la formation (DIF).
Objectif ? Donner aux salariés les moyens financiers de gérer seuls leur employabilité. Ce compte financé par le DIF, le congé individuel de formation et le plan de formation, serait à la disposition de l'individu tout au long de sa carrière pour qu'il puisse mieux maîtriser ses transitions professionnelles.
Il pourrait inclure les droits individuels à la qualification, au bilan de compétences, à la validation des acquis de l'expérience (VAE), l'obligation de reclassement en cas de licenciement... Il s'agirait d'un changement "fondamental de logique dans le fonctionnement du marché du travail".

L'amélioration de la qualité du travail
Les employeurs devront faire face à l'allongement de la durée d'activité et au vieillissement de la population active.
2 approches sont ici privilégiées:

  • la gouvernance
  • la responsabilité sociale des entreprises.

Parmi les pistes évoquées, les experts citent la présence d'administrateurs salariés dans les conseils d'administration, les modes de rémunération des dirigeants liés à la performance sociale, la promotion de l'actionnariat salarié, la création d'un label "RSE " (Responsabilité sociale de l'entreprise).
Au niveau territorial, le CAS prône un meilleur ciblage des publics éloignés de l'emploi et le maintien des dispositifs dormants (chômage partiel, par exemple) à activer en cas de crise de crise économique.



Il y a 16 ans déjà...
En 1995,
Jean Boissonnat, pré
sident de la commission travail au sein du Commissariat au plan, prenait acte de la fin du modèle de l'emploi salarié à durée indéterminée à temps complet dans un métier donné qui ne correspondait plus à toute une part de l'économie nouvelle. Il plaidait pour une refonte totale du droit du travail, en formulant notamment la proposition de "contrat d'activité" permettant au salarié d'enchaîner activités et /ou formations tout en préservant sa rémunération.
En 1999, 4 ans plus tard, Alain Supiot, professeur à l'Université de Nantes, élargissait le concept en suggérant de créer les "droits de tirage sociaux", donnant au travailleur la possibilité d'acquérir des crédits formation ou des crédits de temps libre à tout moment de sa carrière.
L'origine, en quelque sorte de la sécurisation des parcours professionnels.

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