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Ce blog est un espace d’expression du Syndicat National des Personnels de la Formation Privée .

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Contribution congrès fédéral novembre 2010 par Alain VRIGNAUD, membre de la CE fédérale,

Lors du 8è congrès de la FERC à Fréjus (2004), comme délégué j’avais demandé à ce que nos
déclarations d’intention, concernant notre volonté d’unification des forces syndicales, ne restent
pas au niveau de « louables intentions », réaffirmées à chaque congrès, mais se traduisent aussi
par des actes concrets.
Dans la préparation de ce 10 congrès, nous devons le redire, la construction de l’outil fédéral doit
prendre en compte cette démarche de rassemblement de forces syndicales dans une même
organisation.
La problématique n’est pas nouvelle, elle n’est pas non plus spécifique à notre seule fédération,
elle concerne toute la CGT.
Depuis 2004 les choses ont bougé… un peu, et nous devons nous en réjouir. Lorsque l’on mesure
le chemin à parcourir, les premières initiatives prises par la confédération CGT et par la FSU au
cours des années 2009 et 2010 peuvent paraître réduites, mais on peut espérer que ce ne sont
que les tous premiers pas. Il ne faut pas négliger ou sous‐estimer ce qui s’est réalisé, ni l’écarter
d’un revers de main. Il faut prendre ce problème à bras le corps et en débattre très franchement.
Tous les membres de la direction fédérale partagent‐ils ce point de vue ? Les syndiqués de la FERC
sont‐ils tous informés ? Je ne sais pas, mais ce qui est certain c’est que le congrès fédéral est
l’instant démocratique par excellence où ces orientations syndicales doivent être débattues.
Le syndicalisme français est profondément divisé et 92 % des salariés ne sont pas syndiqués.
Personne ne se satisfait de ce bilan …. sauf ceux qui imposent de plus en plus une politique libérale
aux salariés de ce pays, veulent casser les services publics, Education, Recherche, Culture
notamment et détruire le maximum d’acquis sociaux.
Dans le camp d’en face, le grand patronat a l’intelligence, au‐delà des divergences qui peuvent le
traverser, de se montrer sous une seule bannière le MEDEF. Alors nous pouvons le dire crument :
« Sommes‐ nous plus cons ? »
Le « secteur » de l’Education Nationale traduit de façon amplifiée l’éclatement du syndicalisme
français. Les deux principales organisations syndicales la FSU et l’UNSA sont en dehors des
organisations confédérées « historiques » (CGT, CFTC, CFDT, FO, CGC). La CGT pèse autour de 6%
dans l’Education, très loin de son poids national interprofessionnel qui est de 32 % aux
prudhommales.
A partir de cette spécificité notre fédération a un rôle important à jouer dans ce débat. Plusieurs
membres de la FERC participent d’ailleurs, à divers titres (fédéral, CGT Educ, UGFF, interpro) au
groupe de travail confédéral, de suivi des discussions CGT‐FSU.
Rassembler les forces syndicales dans une politique d’action unitaire ouverte et combative, nous y
sommes tous très largement favorables. S’engager dans un processus dont la finalité pourrait être
le dépassement de la division organisationnelle de ces forces, n’est déjà plus aussi unanime. Quant
à la réalisation de cet objectif, très nombreux sont les militants qui n’y croient pas du tout, voire le
pensent contreproductif.
Alors ce débat est‐il nécessaire ou n’est‐il que perte de temps et d’énergie ?
Ce débat est utile, il est indispensable. L’objectif, s’il est largement partagé, devient réalisable.
Qui peut affirmer que la division des forces syndicales qui se réclament d’un syndicalisme de lutte
et de transformation sociale n’est pas un handicap supplémentaire dans notre combat contre le
patronat et les gouvernements qui défendent clairement les intérêts du capital ?
Réussir un processus d’unification de ces forces là n’est pas impossible…cela ne dépend que de
nous.
Nous, salariés, actifs ou retraités, aujourd’hui adhérents de syndicats différents, ou non syndiqués,
qui partageons globalement les mêmes aspirations, qui nous battons souvent ensemble contre les
ravages des politiques gouvernementales et patronales. Je pense en premier à nos camarades de
la FSU et de Solidaires mais il existe aussi, d’autres organisations, des militants, qui seraient
intéressés et attirés par un tel processus. Il n’est pas correct d’exclure à priori des organisations
du champ des discussions, c’est le débat démocratique le plus large et le plus transparent qui
permettra de trancher. L’exemple récent de la FAEN, qui a déclaré rechercher une organisation
syndicale de l’Education nationale leur permettant de poursuivre leur activité syndicale au sein de
ce ministère, est révélateur. Le groupe de travail commun FERC/ CGT Educ’action qui vient de se
mettre en place a commencé à réfléchir à la méthode la plus correcte pour aborder ces questions.
Ce processus ne peut‐être que long. Certainement trop long à mon goût. Mais mieux vaut une
démarche constructive, qui permettra peut‐être d’aboutir, que des manoeuvres d’appareil, certes
plus rapides mais qui nous mèneraient à coup sûr dans le mur. Il est plus rapide de scissionner que
d’unifier, il faut donc se donner de la durée pour réussir. Un tel processus ne peut pas être un
processus d’en haut, à travers quelques décisions prises par des responsables nationaux, la
démarche doit irriguer l’ensemble du syndicat et la réflexion syndicale globale.
On ne gomme pas du jour au lendemain 60 années de division syndicale. Nos histoires sont
différentes, nos pratiques aussi, parfois. Unifier les forces syndicales, autour d’un projet commun
de transformation profonde de la société, c’est aussi poser les bases d’un nouveau type de
syndicalisme qui serait plus attractif pour les salariés aujourd’hui non syndiqués. C’est la
traduction organisationnelle du « Tous ensemble » qui a fait le succès des luttes de 1995.
Il faut confronter nos pratiques et dépasser les blocages qui existent entre les différentes
organisations, parfois entre des équipes militantes, des individus. Pour entreprendre ce travail
avec les camarades de Solidaires, de la FSU, de la FAEN ou d’autres il faut tout d’abord être
convaincu de son importance.
L’organisation des colloques sur la formation professionnelle et sur la petite enfance avec la FSU a
été possible parce que cette ambition est partagée aujourd’hui par un nombre significatif de
militants, de syndiqués. La réussite de ces premières initiatives doit nous encourager à poursuivre
dans cette voie. Il nous faut acter clairement cette décision lors du congrès fédéral.


Alain VRIGNAUD, membre de la CE fédérale,

secrétaire national CGT Educ’action

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