Ce blog est un espace d’expression du Syndicat National des Personnels de la Formation Privée .
Voilà un an qu’une bonne partie des personnels des services d’orientation de l’AFPA a été transférée à
POLE EMPLOI pour y exercer les mêmes missions (Article L 5312-1 du Code du Travail, loi du
24/11/2009 relative à l’orientation et la formation professionnelle tout au long de la vie)
Après un an d’intégration, quel bilan peut-on en tirer, quels sont les changements en cours et dans quel
contexte ?...
Si l’activité POPS domine largement les plannings et les objectifs des EOS de la région Pays de la
Loire, les personnels constatent que les conditions d’exercice du métier de psychologue ne sont pas
complètement respectées, notamment au niveau de l’absence de confidentialité de la plupart des
bureaux.
Par ailleurs, l’exiguïté des locaux dédiés aux tests ou leur utilisation pour des réunions de la DT ou
autres…montre que ces aspects n’avaient pas été vraiment pris en compte avant notre transfert.
Enfin, l’archivage des dossiers n’a pas été envisagé ce qui pose des difficultés aux assistantes techniques
d’orientation lorsqu’elles doivent renseigner les demandeurs d’emplois
Il semble par ailleurs qu’au plan national, l’orientation vers la formation ne soit pas une priorité, ni
même une préoccupation. Cela figure pourtant dans les missions de Service Public de Pôle Emploi,
précisées par la Loi et codifiées dans le Code du Travail (cf article L 5312-1 du Code du Travail :
Accueillir, informer, orienter et accompagner les personnes, qu'elles disposent ou non d'un
emploi, à la recherche d'un emploi, d'une formation ou d'un conseil professionnel….)
La tendance actuelle de la Direction est de casser les métiers des agents en organisant une soit
disant polyvalence. Ainsi, la mise en place à marche forcée de l’EID (Entretien d’inscription et de
diagnostic) est destinée à fusionner dans un seul acte professionnel, l’inscription administrative des DE,
la vérification de la complétude du dossier de demande d’allocations, la notification du rejet éventuel ou
de l’attribution d’une allocation et la contractualisation du PPAE. Elle est préparée par de courtes
formations : 6 jours pour les « ex-placement » et 4 jours pour les « ex-indemnisation ». Conduire les EID
est obligatoire pour les premiers ; sur la base du volontariat et du choix du Directeur d’agence pour les
seconds. Cela génère beaucoup de questionnements et de réticences de la part des personnels des 2
origines. De nombreux salariés « ex indemnisation » ont le sentiment d’être dépossédés de leur métier et
de nombreux salariés « ex-placement » ont le sentiment d’avoir des tâches à mener qui ne relèvent pas
de leur métier tout d’abord, et qu’ils sont ensuite démunis lorsqu’ils doivent renseigner des Usagers dans
ce domaine, car ne maitrisant pas le sujet. Les agents de l’ex ANPE confrontés à des questions sur
l’indemnisation, se sentent brutalement devenus « incompétents ». Mais pour la Direction toutefois,
l’heure n’est pas au débat mais à la mise en place effective et rapide de l’EID aboutissant à une
déqualification généralisée!...
Les personnels des agences spécialisées seront eux aussi impactés à plus ou moins longue échéance.
Restons vigilants sur le sens des prestations à venir dans l’intérêt et le respect des personnes que nous
accueillons et que nous accompagnons. Entre la diversification de nos activités, de nos prestations d’une
part et la perte d’identité professionnelle ou la disparition de nos métiers de l’autre, la frontière est
mince.
Pôle Emploi doit respecter ses engagements pris dans le cadre du transfert des ex AFPA, à savoir :
1. disposer de bureaux fermés assurant une véritable confidentialité des entretiens en
conformité avec notre code de déontologie que POLE EMPLOI s’est engagé à respecter.
2. assurer la maintenance de nos compétences par la supervision de nos pratiques, les
perfectionnements à thèmes, les visites d’entreprise, etc.
3. développer une ingénierie avec références théoriques et méthodologiques assortie d’une
instrumentation validée. La maintenance des outils et des méthodes (guide du positionnement,
validation des tests sur des situations d’apprentissage, outil informatique CERISE, etc…). Les
psychologues demandent à être impliqués dans les missions d’études.
Nous avons connaissance d’une lettre pétition des EOS de PACA qui exprime des positions et des
revendications similaires.
Le cadre du transfert des ex-AFPA porte bien sur « les personnels qui participent
à l’accomplissement des missions d’orientation professionnelle des demandeurs d’emploi vers la
formation pour exercer ces mêmes missions …. »
La construction de parcours de formation implique les métiers d’assistante technique d’orientation et de
psychologue du travail. Elle ne doit pas conduire les psychologues à assurer des permanences d’accueil
physique et téléphonique et à augmenter encore les tâches de saisie informatique. Elle ne doit pas non
plus, tendre vers moins d’autonomie professionnelle ni infantiliser les professionnels (risque souligné
par l’ensemble des personnels de POLE EMPLOI).
La CGT exige :
le respect du cadre du Transfert des personnels Ex AFPA et des engagements pris par
Pôle Emploi, comme le code de déontologie.
le respect des engagements légaux/institutionnels sur les métiers des EOS à tous les
niveaux, dans le travail quotidien comme dans les décisions nationales. Ainsi, les
« nouvelles classifications » doivent faire apparaître les métiers d’assistante technique
d’orientation et de psychologue du travail, et en maintenir le contenu dans la description
des activités qui constituent leur emploi.
La CGT réaffirme :
son attachement à la mise en oeuvre de réelles prestations de qualité en orientation
professionnelle
son refus de laisser déqualifier les personnels des EOS en assurant des tâches qui sont
hors cadre des métiers respectifs.
son refus de l’ultra polyvalence source de confusion entre les métiers, de souffrance au
travail, et de détérioration de la qualité et de la fiabilité des prestations…
La CGT défendra :
Lors de la négociation sur la Classification, le maintien des Métiers distincts (dont ceux
de l’orientation), de leurs intitulés, de leurs contenus, de leurs spécificités, de leurs
reconnaissances financières, mais aussi de la mise en place des conditions matérielles et
de travail adaptées à la réalisation de ceux-ci, car faisant parties intégrantes des métiers.
Il est illusoire et dangereux d’imaginer que tous doivent et puissent savoir tout faire.
Paris le 12 mai 2011